Les normes casque ski et autres sports outdoor

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norme casque ski

A chaque sport ses spécificités et ses risques de chute ou d’accident. Voilà pourquoi les instances sportives associées aux fabricants ont édictés des normes spécifiques pour chaque élément de protection. Si d’un point de vue international les normes répondent au standard ISO chaque continent a mis en place ses propres normes plus ou moins restrictives. Dans l’Union Européenne c’est l’organisme AFNOR qui s’occupe de tester et de valider tous les équipements de protection mis en vente sur le marché.

Il en va ainsi de la norme CEN (Comité Européen de Normalisation) qui édicte des normes strictes pour chaque élément de protection individuelle (EPI).

L’un des éléments de protection incontournable, le casque, n’échappe pas à la règle et doit être homologué CE EN pour être vendu en Europe.

Ski alpin, snowboard, ski de randonnée, parapente, équitation, vélo de route, vtt, escalade, alpinisme, on vous dit tout sur les normes des casques de sports homologués pour chaque pratique.

Comment bien choisir son casque en fonction de son sport ?

Bien évidemment chaque sport outdoor expose à des incidents différents. Ainsi en ski alpin on peut tomber par terre en tapant avec la tête la neige voire la glace mais aussi un rocher ou un obstacle quelconque. En escalade, les risques sont différents et le casque doit avant tout résister à une chute de pierre venue du haut. En parapente c’est davantage le retour brutal au sol lors des phases de décollage et d’atterrissage qu’il faut prévenir.

Il est donc crucial de bien choisir son casque en fonction de l’activité pratiquée pour avoir un maximum de protection en cas de besoin.

Un casque efficace est un casque à la bonne taille adapté à son tour de tête !

Pour que le casque joue pleinement son rôle, il faut bien évidemment qu’il soit ajusté à la forme et à la taille de la tête. Voilà pourquoi il est très important de choisir un casque à la bonne taille qui corresponde à son tour de tête. De plus en plus, les casques de sport proposés sur le marché sont pourvus d’une molette de réglage à l’arrière qui permet d’obtenir l’ajustement idéal.

Autre point important : il faut que le casque soit bien verrouillé au niveau de la jugulaire. Car un casque mal serré peut vite glisser sur l’arrière et ne plus rien protéger en cas de chute. N’hésitez donc pas à régler la jugulaire pour que le casque reste bien en place.

La norme européenne pour le casque de ski alpin : la norme EN 1077

La norme de casque de ski, de snowboard et de surf des neiges EN 1077 se décline en fait en deux sous normes :

EN 1077 A : les oreilles sont protégées par la coque du casque

EN 1077 B : sur un casque de ski de classe B les oreilles sont protégées par une partie amovible qui peut se retirer pour profiter d’une meilleure audition, d’une meilleure sensation de vitesse et d’une plus grande légèreté. La plupart des casques de ski désormais vendus sur le marché sont normés EN 1077 B.

norme casque de ski alpin

Globalement la norme EN 1077 (classe A ou classe B) doit répondre à deux critères principaux : une bonne protection de la tête en cas de choc à 20 km/h. A cette vitesse là, le casque doit résister à au moins deux impacts consécutifs sans éclater et la tête du sportif ne doit pas subir une accélération de plus de 250 fois la gravité terrestre soit 250 G. Au delà, les lésions cérébrales sont considérées comme irréversibles. Le casque de ski et de snowboard doit donc non seulement être solide lors du choc mais doit être capable de dissiper l’énergie cinétique de l’impact. Voilà pourquoi de nombreuses marques rivalisent d’innovation avec des technologies phares comme le MIPS pour diminuer au maximum les effets cinétiques au niveau du cerveau.

De plus la norme EN1077 doit offrir une certaine résistance à la pénétration en cas de choc avec un rocher, un tronc d’arbre, une branche ou encore un bâton de ski. Un tel casque doit empêcher l’obstacle de traverser la coque et de toucher le crâne pour une vitesse donnée de 10 km/h.

Et pour le ski de compétition : la norme FIS ?

Si pour certaines catégories juniors et certaines disciplines comme le slalom les casques EN 1077 classe B sont tolérés il n’en va pas de même pour le Super G, le slalom Géant et la descente ainsi que pour toutes les compétitions adultes où le casque doit répondre à la norme EN 1077 mais aussi à la norme de compétition FIS RH2013 pour une protection encore renforcée. Un casque FIS RH2013 doit entre autre résister à la pénétration à une vitesse d’impact de 21 km/h contre 10 km/h pour un casque de ski grand public.

La norme casque alpinisme 12492 qui couvre également l’escalade :

En escalade et en alpinisme les chocs viennent la quasi majorité du temps du haut. Il s’agit souvent d’un bloc de pierre ou de glace qui tombe de la paroi. Les casques d’alpinismes et les casques d’escalades offrent donc une protection maximale zénithale. La norme EN 12492 assure une protection efficace du crane pour une pierre de 5kg tombant de 2 mètres. Les casques EN 12492 offre également une bonne ventilation pour éviter la surchauffe en été.

La norme des casques de ski de randonnée :

En ski de randonnée le casque peut répondre soit la norme 1077 du casque de ski alpin classique soit à la norme d’escalade et alpinisme EN-12492. Cependant la norme 1077 enveloppant les oreilles et limitant les aérations pour répondre aux contraintes de pénétration est souvent délaissée au profit de la norme de casque de montagne bien plus léger et plus aéré. Dans le détail la norme EN-12492 garantit une bonne protection pour une chute de pierre verticale de 2 mètres et de 5 kg. Le casque de ski de randonnée EN-12492 protège également d’un impact latéral oblique de 60° de 5Kg tombant de 0,5m ainsi que d’une chute de pierre pointue de 3 kg de 1 mètre de haut. La norme EN-12492 protège donc très bien des chocs venus du haut mais trouve vite ses limites avec des chocs périphériques.

Pour remédier à ce point faible, la marque PETZL a repris la norme EN-12492 et a développé sa propre certification Protection TOP and SIDE pour offrir une protection efficace en cas de choc frontal, latéral et arrière en ski de randonnée. (Résister à une chute de pierre de 5kg tombant de 50 cm). La certification PETZL est donc pour l’instant la plus exigeante en terme de norme de casque ski de de randonnée.

casque ski de randonnée

Casque ski alpinisme double norme aussi appelé casque bi-norme

Les casques double norme ski alpinisme possèdent tout simplement la double homologation CE EN 1077 et EN-12492. C’est le cas par exemple des casques Scott Couloir 2, du casque Camp Speed 2, Camp Amour, Salomon MTN Lab ou encore du casque Uvex P 8000. Ces casques offrent ainsi un maximum de protection aussi bien pour les chocs venant du haut que pour les chutes au sol et contre la pénétration d’objets contendants. En contre partie ces casque de ski alpinisme bi-norme sont moins aérés et plus lourds qu’un simple casque homologué uniquement pour l’alpinisme.

Casque triple norme

Certaines marques vont encore plus loin avec des casques triple normes qui couvrent les activités de ski alpin, d’alpinisme et même de vélo et le VTT en ajoutant une homologation CE EN 1078 qui couvre au passage les activités de roller et de skateboard. Ces casques enveloppent généreusement la tête et protègent des chutes en tout genre.

Au final quel casque de ski choisir, comment doit il être ?

Du moment que votre caque de ski ou de snowboard est homologué EN 1077 vous pouvez choisir le modèle que vous voulez pour monter en station. Casque simple, avec ou sans protection oreille, avec ou sans visière vous serez sûr d’être bien protégé en cas de chute ou de collision. Si par contre vous comptez faire principalement du ski de randonnée il vaut mieux partir sur un modèle plus léger et plus aéré répondant aux normes de l’alpinisme ou à la double norme ski alpinisme. Le plus important étant de choisir un casque à la bonne taille qui restera bien en place le moment venu.

Pourquoi le casque de ski n’est pas obligatoire en ski ?

A l’origine le ski était avant tout un moment de liberté et de plaisir en pratiquant un sport de plein air qu’on pouvait faire en pantalon et en robe. Autant dire que l’idée de porter un casque de ski était bien loin. Depuis, les sports d’hiver et le ski alpin se sont largement démocratisés et le nombre de pratiquant à littéralement explosé. Les collisions et les accidents en tous genres sont devenus de plus en plus nombreux. Voilà pourquoi désormais toutes les écoles de ski rendent obligatoire le port d’un casque de ski sur les pistes. Le casque de ski vous protège d ‘une chute bien évidemment mais aussi et surtout d’une éventuelle collision avec un autre skieur (25% des blessures à la tête en 2019 étaient dues à une collision)

Le casque de parapente et la norme CE EN 966 :

Obligatoire en école, en tant que passager biplace et en compétition, le casque de parapente aussi appelé casque de vol libre doit posséder la certification EN 966. En fait plus précisément il doit posséder la norme CE EN 966+A1 mis en place en janvier 2013 et qui remplace la norme de base CE EN 966 historique.

Cette norme couvre la pratique du parapente, du deltaplane ainsi que de l’ULM. Un casque de parapente doit avant tout dissiper un maximum d’énergie en cas de choc. Pour homologué un tel casque les fabricants laisse tomber une tête factice d’une hauteur de 1,5 m et mesure l’accélération subie par le cerveau. Cette accélération ne doit pas dépasser 250 G soit 250 fois la gravité terrestre sous peine de lésions irréversibles. Les tests se déroulent sur différentes surfaces (sol plat, sol pointu, sol rond) pour simuler les différents cas de figure possibles. En parapente le risque étant surtout de heurter le sol lors du décollage ou lors de l’atterrissage.

norme casque parapente

La norme EN 1078 : le bon choix pour un casque de vélo de route et de VTT

En Europe la norme en vigueur pour tout ce qui est vélo sur route, vtt, roller et skateboard est la norme EN 1078+A1(2013). Cette norme porte une attention particulière au champ de vision, à la capacité du casque à absorber l’énergie du choc en cas de chute ainsi que l’efficacité de l’attache jugulaire pour un bon maintien du casque de vélo. La norme EN 1078 couvre également les utilisateurs de vélo à assistance électrique ne dépassant pas les 25 km/h.

Pour les speed bike électriques dépassant les 25 km/h un casque de vélo EN 1078 ne suffit plus et il faut s’orienter vers un véritable casque de cyclomoteur normé ECE 22.06 depuis le 1er juillet 2022.

Outre Atlantique, les spécialistes du vélo de descente ont mis en place des normes spécifiques pour les sports les plus engagés. Ainsi pour la pratique du DownHill les casques de vélo de descente doivent répondre à norme ASTM F1952 -15 qui protège mieux le visage et des chocs périphériques. Le BMX a également vu arriver la norme ASTML F2032-15 pour une protection optimale lors des courses.

 

Quelle est la norme en vigueur pour un casque de cross équitation ?

Jusqu’en 2014 la norme pour un casque d’équitation ou une bombe était la norme EN 1384. Cette norme a été retirée pour finalement être remplacée par la nouvelle norme CE VG1 01.040 2014-12 d’inspiration britannique.

Les avantages de la nouvelle norme de casque d’équitation sont les suivants :

  • Une meilleure rigidité latérale de la bombe
  • Une calotte intérieure plus généreuse
  • Une visière moins longue pour éviter les blessures au visage en cas de casse de la visière lors de la chute
  • Des points de fixation plus serrés pou un maintien du casque bien plus efficace
  • Le retrait de la mentonnière qui pouvait provoquer une fracture de la mandibule en cas d’impact

 

Qu’en est il de la norme des casques pour le parachutisme ?

En parachutisme il y a en fait deux cas de figure. Soit vous êtes totalement autonome et vous possédez le BPA (Brevet de Parachutisme Autonome) et dans ce cas vous pouvez sauter avec n’importe quel casque voire même sans. Soit vous êtes débutant et dans ce cas là il faut respecter les directives de la FFP (Fédération Française de Parachutisme). La directive DT 39 imposait à partir de 2017 la norme CE EN 966 qui correspond aux sports aériens. Malheureusement tous les casques répondant à cette norme n’étaient pas forcément des plus adaptés à la chute libre. Depuis la nouvelle directive DT 51 a vu le jour est imposera à partir de 2024 la nouvelle norme AFNOR XPS 72-600.

Cette nouvelle norme pour casque de parachutisme XPS 72-600 prend en compte les points singuliers suivants :

  • Les suspentes ne doivent pas pouvoir s’accrocher au casque
  • Aucune arête tranchante ne doit pouvoir couper les suspentes
  • Le casque doit résister à un choc face à un poids de 10kg lâché à 25cm
  • Le casque doit résister à une chute de 1,5m soit à un impact à une vitesse de 5,4m/s
  • Les sangles de serrage ne doivent pas se déformer exagérément en cas de traction
  • On doit pouvoir se libérer du casque facilement avec une seule main lorsque celui ci est tracté avec une force de 50 kg. (Par exemple en cas d’accrochage dans un arbre par le casque)
  • Les matériaux des casques de parachutisme doivent rester stables sur une plage de température de -20 à +50°C , et doivent résister à l’épreuve de vieillissement artificiel aux UV.

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